Le mobilier de l'église paroissiale Saint-Laurent de Boulin

France > Nouvelle-Aquitaine > Landes > Montsoué

Comme sa voisine de Bahus-Juzanx, l'église Saint-Laurent de Boulin subit en 1569 le sac des troupes protestantes d'Arnaud de Palaso, qui la brûlèrent et "pillèrent et emportèrent les ornemen(t)s, joyaux, livres, cloches". Elle dut être progressivement remeublée au sortir des guerres,. En mai 1756, l'évêque Sarret de Gaujac ne trouve qu'un mobilier lacunaire et pour partie en assez mauvais état. L'édifice ne conserve actuellement aucun vestige de l'ensemble antérieur à la Révolution, hormis un bénitier classique à godrons sans doute datable du XVIIIe siècle. A cette unique exception près, la totalité des meubles et objets a été acquise entre la première moitié du XIXe siècle (la chaire à prêcher, restaurée en 1886) et le lendemain de la Première Guerre mondiale (monument aux morts, statues de série). L'autel de la Vierge (et peut-être le décor mural qui l'accompagne) a été installé en 1849 par le marbrier saint-severin d'origine italienne Louis Spazzi. Son pendant au nord, dédié à saint Jean-Baptiste, en est sans doute contemporain (mais son tabernacle a été remplacé en 1886). Le maître-autel, dû à la fabrique toulousaine de J. Guiraud, a été offert en 1915 par la famille Huc, propriétaire du château de Malembit et bienfaitrice de l'église dès les années 1880 avec d'autres familles locales, comme les Lacoste (lustre offert en 1878). La vitrerie de l'église, hétérogène (peut-être en raison de la pluralité des donateurs), est l’œuvre du verrier toulousain L.-V. Gesta (1871), du Bayonnais G.-P. Dagrand (1872) et d'un ou deux autres verriers anonymes. L'édifice a en outre connu plusieurs campagnes de décoration murale, par les peintres Léonard Fortuné en 1873 (sans doute responsable des peintures de la voûte du chœur, seules conservées aujourd'hui) et Sacreste d'Aurillac en 1877 (décor de la chapelle Sant-Jean-Baptiste) et par un praticien anonyme en 1885 (peintures ornementales des murs du chœur). Une copie de l'Immaculée Soult de Murillo par la comtesse de Fossa fut déposée par l'État en 1872. Les cloches, refondues à plusieurs reprises, sont actuellement au nombre de trois, datées de 1857 (Tourmeau de Mont-de-Marsan), 1931 (Fourcade de Tarbes) et 1980. la sacristie renferme, outre un vestiaire complet acquis au tournant des XIXe et XXe siècles, un riche ensemble d'orfèvrerie (provenant en partie de l'annexe de Bahus-Juzanx) sorti d'ateliers parisiens (J.-C. Cahier, J.-P.-N. Bibron, E. Lethimonnier [calice offert par l'impératrice Eugénie en 1861], P.-H. Favier [trois pièces]) et lyonnais (Favier frères, H. Nesme). S'y distinguent une exceptionnelle chapelle néo-XVIIe en argent doré par le Parisien Louis Bachelet (vers 1860) et une modeste ampoule à saint chrême, seul objet d'Ancien Régime au poinçon de l'orfèvre auscitain Étienne Affre (1689-1749).

Auteurs Auteur : Favier Jean-Baptiste, Favier Claude

Membres de la famille Favier (active à Paris, Lyon et Toulouse), fondateurs de la fabrique lyonnaise Favier frères (poinçon insculpé en 1851, maison fermée en 1973). Jean-Baptiste et Claude Favier sont respectivement les deuxième et troisième fils jumeaux de Clément Alexis Favier (1798-1881) et de Marie Magdeleine Girard (1796-1833).

Jean-Baptiste, né à Meximieux (Rhône) le 17 novembre 1823 et mort à Lyon 5e le 15 mars 1899, épousa à Pont-de-Veyle (Rhône), le 1er septembre 1850, Marie Antoinette Suzalie Lescoeur (Pont-de-Veyle, 18 septembre 1829 - Lyon 5e, 20 octobre 1911), dont il eut onze enfants : Angèle (1851-1852) ; Jeanne Marie (1852-1936), en 1874 Mme Camille Georges Rongier ; Marie Michel (1853-1935), comptable ; Étienne Marie (1856-1913) ; Julie (Marie Philippe) (1858-1945), mariée en 1880 à son cousin Henri Lescoeur ; Adèle (Marie Léonie) (1860-1863) ; Angèle (1862-1863) ; Charles Marie (1864-1941), orfèvre ; Jeanne (Marie Augustine Michelle) (1867-1868) ; Clément (Marie Michel) (1869-1901), jésuite ; Marie Julie Louise (1874-1949), en 1898 Mme Octave Louis Albert Gauthier.

Claude, dit Claudius Favier, jumeau de Jean-Baptiste, né à Meximieux le 17 novembre 1823 et mort à Lyon le 14 mars 1878, épousa à Pont-de-Veyle, le 1er septembre 1850, Marie Julie Augustine Lescoeur (Bâgé-le-Châtel, Ain, 17 septembre 1823 - Lyon, 1912), sœur aînée de Marie Antoinette Suzalie, mariée le même jour à Jean-Baptiste Favier. Le couple eut cinq enfants : Marie André Dominique (1851-1875), Alexandre Clément Marie (1854-1854), Jean Marie Auguste (1857-1924), Louise Marie Antoinette (1860-1863) et Marie Léon (1863-1864).

, orfèvre
Auteur : Sacreste

Entreprise de peinture décorative et de fourniture de mobilier et d'ornements religieux à Aurillac dans la seconde moitié du XIXe siècle. Deux membres au moins de cette famille de souche aurillacaise ont dirigé la maison : Jean Sacreste et L. Sacreste jeune. La fabrique, sous la direction de ce dernier, portait la raison sociale "A l'économie du clergé" et était située rue du Rieu.

Cette maison était probablement liée à une autre entreprise du même nom, située au Puy (Haute-Loire), dont une carte publicitaire non datée porte les mentions : "Fabrique d'ornement d'église / Sacreste Aîné / Boulevard Saint-Louis, 47, Le Puy (Haute-Loire). / Bronzes, autels, chaires, vitraux, appuis de communion, chemins de croix et tout ce qui concerne le St culte. Atelier spécial de vitraux peints. / Statues religieuses, vases sacrés, broderies en tout genre, marbrerie, sculpture."

, peintre, décorateur (attribution par source)

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